LA CUVÉE SPÉCIALE ‘MTONVIN’ N°5 DISPONIBLE EN AVRIL

2017 va être une année de cuvée spéciale Mmmm… ton vin!, la 5ème, celle d’un cru bordelais 2015 — enfin un grand millésime après quatre années moyennes.
Le vin sélectionné est un graves du vignoble historique de Portets, « origine du Bordeaux », dont le sol de galets et graviers des bords de Garonne entre Bordeaux et Langon, conserve la chaleur du soleil le soir venu et procure aux vins du secteur une intensité et une suavité caractéristiques.

Etiquett1TrebiacLe Graves rouge 2015 de cette 5ème cuvée spéciale Mtonvin est celui du Château Trébiac, un vignoble de 12 hectares à Portets.

Trébiac est l’ « autre » vin de Château Crabitey (prononcer teille), en plus souple et moins tannique (70% merlot, 30 % cabernet-sauvignon), à la matière ample dont les arômes de fruits rouges et noirs vont se déployer avec le temps. Ce cru toujours équilibré est l’un des plus soignés du plateau de Portets.

Le goût bordelais classique, qui convient à bien des situations.

Nos dégustations successives confirment que le Trébiac 2015 sera prêt à boire dès la livraison prévue fin avril prochain, et que sa solide constitution lui assurera de la garde jusqu’en 2020-22.

L’offre spéciale dont son propriétaire, Arnaud de Butler, fait bénéficier aux amateurs de notre groupe Mtonvin pour un achat minimum de 9 000 bouteilles, est inférieure de plus de 2 € au prix caviste (entre 8,5 et 11€, pas de distribution en GD).

Pour tout renseignement : contact@mtonvin.net

WINE’S CHINA SYNDROME

By ROBERT JOSEPH
From Meininger’s WINE BUSINESS INTERNATIONAL News – January 13 2017

Robert JosephWe are living at the tail end of the American century. 

Whatever President-elect Trump might like to claim, the mantle is passing to China. 

A century ago, the US’s population and greater wealth gave it two key advantages, which it used to influence the way citizens of other countries lived their lives – from production-line manufacturing to supermarket shopping, fast-food consumption, to advertising and popular culture. 

It was not a French or British wine critic whose 100-point scale became the international default, for example.

But the US is like an ageing monarch seeing its power slip.  Even if China’s economic growth stalls, America will, over the longer term, continue to lose ground. China’s influence is already palpable. Hollywood producers now think about how their movies will play in Pudong as well as Peoria, and Facebook freely admits that it wants to offer a retail service that’s as sophisticated as its Chinese rival WeChat.

Of course the influencing process works both ways. Chinese diners will adopt Western cutlery before Americans and Britons switch to chopsticks, and there will be a greater readiness to learn English in China than the reverse. But just as British parents have watched their offspring adopt Halloween and the school prom, the Western wine industry will soon be learning some lessons from China.

First, there’s distribution. Online sales in the West are not growing at the rate they are in China, where, according to one estimate, 85% of young people rarely enter a physical shop. Crucially, most of these purchases are being made with smartphones through a range of sophisticated online stores like Alibaba and Tmall that are far easier to navigate than the websites to which Westerners are accustomed. The West has mostly eschewed the benefits of QR codes; in China, where they are used to make digital payments and link individuals on WeChat, they are nearly indispensable. Jack Ma, head of Alibaba, has declared that the future is both online and offline, something with which Andrew Tan, general manager of 1919, agrees. His young company’s 1,000 franchise shops offer free 19-minute delivery for digital purchases of anything from a can of beer to a case of Bordeaux.

Alibaba’s Buy+ now allows some 400m customers to choose clothes in 3D while sitting at home, with the help of a Virtual Reality (VR) headset, sales of which are booming in China. Other retailers are exploiting this trend. This year, for example, Suning Commerce Group, GOME Electrical Appliances and HTC set up around 10,000 VR ‘experience sites’ where customers can explore electrical equipment. Wine retailers are already following suit.

If stores are more experiential, so is Chinese wine tourism. Changyu, one of China’s biggest producers has seven ‘châeaux’ that collectively welcome around a million visitors per year, all of whom enjoy a far broader range of experiences than are on offer anywhere in Bordeaux. How long will it be before Western producers raise their tourism game? Possibly when some of the Chinese owners start to adapt their Bordeaux châteaux to the expectations of the planeloads of their compatriots.

China might also teach us to cast off the Old World hierarchical hang-ups that dictate the relative pricing of similar-quality bottles from appellations such as Margaux, Moulis, Médoc and Minervois. If Chinese chaeau owners can persuade Shanghai shoppers to spend $80.00 on a bottle of nicely packaged Bordeaux Supérieur, maybe we could pull off the same trick in the West.

Readers who scoff at this last notion can’t deny the impact Chinese culture is already having on wine packaging. Walk around the duty free stores at Frankfurt Airport and note that while most of the spirits and Champagnes are in fancy gift cartons, buyers of even the €100.00 ($106.42) bottles of Cru Classé Bordeaux have to be content with tissue paper. Now perform the same exercise in Sydney.

Australian brands without a super-premium bottle in a gift carton are the exception to the rule, thanks to the number of Chinese visitors who shop here on their way home.

Chinese-style packaging is already being introduced by US businesses like the successful subscription-razor vendors. It will not take long for wine marketers to see the appeal of adding profitable value to a wine by sticking it into a fancy carton or tube. Environmentalists will reasonably balk at the ‘waste’ this involves, but they’ll probably be as successful in halting the trend as France was in closing its doors to the Big Mac and Halloween masks.

Robert Joseph – Meininger’s Wine Business International News Friday 13 January 2017 – 10:30

IL ÉTAIT COMMENT LE DERNIER ‘MUSICA VINI’ ?

DANIEL  J. BERGER

tract-mv16La 4ème édition du festival Musica Vini, suite de performances musicales
inspirées par la dégustation de vins, a eu lieu samedi 10 septembre de 15h à minuit, rassemblant 300 personnes au total.

C’était la première fois qu’il se déroulait au Centre d’événements culturels récemment ouvert au château de Linières à Ballée (sud Mayenne, à proximité de Sablé-sur-Sarthe).

Musica Vini 2016 avait pour thème « La Voix du Vin », rencontre entre différentes musiques vocales et des vins évoquant la voix humaine.

Cinq concerts-dégustations dont les trois premiers dans une grange XVIIème
à la Mansart suivis d’un dîner musical et d’un concert nocturne, tous deux dans
la cour du château.

Il est délicat si ce n’est indécent de commenter un événement quand on en est l’organisateur. Je vous propose donc de lire les résultats de l’enquête menée comme chaque année à l’issue du festival — dont, en rappel, le principe consiste à demander à des musiciens de tout style de jouer après dégustation d’un vin présenté par son vigneron et que le public déguste pendant le concert.
Il s’agit là des réponses des participants venus pour la 1ère fois, qui ont représenté cette année les 2/3 des 250 spectateurs payants.

Le taux de satisfaction est élevé, motivé par la découverte, mot employé à plusieurs reprises dans les verbatims, du spectacle comme du lieu — « associer patrimoine, culture et vin est une idée brillante ». Cette année le festival se tenait pour la première fois au château de Linières à Ballée :    « ce château mérite de belles manifestations comme celle-là. »

La diversité des interprètes et des genres musicaux (baroque, contemporain, jazz, folk, électro) et des vins a beaucoup plu — Jasnières et Montlouis en blanc, Empordà (Costa Brava) et Saumur en rouge, pétillant naturel de Loire en rosé : « beau mélange des raconteurs du vin, des goûteurs, des auteurs et créateurs ». Ainsi que l’atmosphère ouverte : « accueil chaleureux; partage convivial; belles rencontres. »

Côté musique, si les chœurs de l’ensemble Seguido ont « ébloui » — compositions contemporaines évoquant Shakespeare —, les qualités respectives du duo baroque Alexis Knaus (contre ténor) et Elvire Duret (luths) — John Dowland et musique élisabéthaine —, comme du trio de la chanteuse de jazz manouche et danseuse de claquettes Lucy Dixon, ont été appréciées quasiment ex-æquo avec le chœur.

Le duo Un Traguito Más de la chanteuse Adrienne Winling et de l’accordéoniste Antoine Girard qui ont interprété lors du dîner en plein air une mosaïque de fado, tango et rebetiko , sur un vin rouge nature de Saumur, aurait « mérité d’être sur scène » comme les trois premières formations, car il a « profondément touché. »

Quant au concert nocturne de « pop rock poétique » de Flavien Berger, sur un podium devant la façade du château illuminée, avec un pétillant naturel rosé de Loire, une centaine de personnes  debout autour de lui, sa prestation a « beaucoup ému » enfants, jeunes et moins jeunes, notamment le député de la Mayenne Guillaume Chevrollier et ses amis, et le vigneron septuagénaire Diego Soto venu spécialement de Catalogne (3ème concert-dégustation avec Seguido).

L’animation des concerts-dégustations  par Véronique Ostini, musicienne, et Jacques Orhon, journaliste globe trotter venu du Québec, a selon la totalité des bulletins dépouillés, « profité au public. »

La reconduction du festival au château de Linières a été souhaitée par la majorité des répondants.

Les vignerons ont apprécié de pouvoir présenter leur vin de manière ludique et sont repartis le cœur heureux puisqu’ils ont vendu la totalité de leurs vins pendant les entractes.

Les affiches du festival sont signées Céline Devaux, dessinatrice à l’hebdomadaire Le 1 et réalisatrice de courts-métrages d’animation, dont Le Repas Dominical (César 2016).

PROCHAINE ÉDITION : SAMEDI 9 SEPTEMBRE 2017 À LINIÈRES

INFORMATIONS COMPLÉMENTAIRES SUR ‘MUSICA VINI’ SUR LE SITE  musicavini.fr

Quelques exemplaires du CD (interdit à la vente) sont disponibles après inscription de votre adresse électronique sur ce blog : cocher « Recevoir l’actualité etc. »
Extraits, dans l’ordre d’apparition sur scène :
Duo Alexis Knaus (contre ténor) / Elvire Duret (luth), musique élisabéthaine (et Jasnières L’Authentique 2015 du Domaine de La Tendrière – Michel Boulay) : Fortune My Foe; O Now I Needs Most Part  (John Dowland); Down By the Salley Gardens (folklore irlandais); My Love Hath Vowed He Will Forsake Me (Thomas Campion).
Ensemble vocal Seguido, 22 choristes de musique contemporaine a cappella (et Montlouis Lissier 2010 du château de Pintray – Jean-Christophe Rault) : The Song Sung True (Judth Weir); Shall I Compare Thee to a Summer’s Day ? (Nils Lindberg); Lullaby (Jaakko Mantyjärvi); Northern Lights (Ériks Ešenvalds).
Trio Lucy Dixon trio, jazz manouche et claquettes (et Empordà Rucada 2015 du Mas Estela (Catalogne) – Diego Soto) : Lulu’s Back In Town (Al Dubin/Harry Warren); Night ans Day (Cole Porter); Shall We Dance (George Gershwin); Undecided (Sid Robin/Charlie Shavers)
Solo Flavien Berger, électro pop (et pétillant naturel rosé – Côme Isambert à Saumur) : Gravité, Rue de la Victoire, Vendredi (Flavien Berger, photo ci-dessous).

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SABBATIQUE

Du latin chrétien (annus) sabbaticus, « (année) sabbatique ».
Selon la Bible, l’année sabbatique se pratiquait chez les Hébreux conformément au Deutéronome 15, 1-11 : chaque 7ème année, les terres se reposaient (shemitta) (d’après Wiktionnaire).

Il a fallu à ce blog un peu plus que sept années pour arriver à se reposer, mais pendant seulement 10 mois et non un an.

La reprise est là avec bientôt des nouvelles de la 4ème édition de MUSICA VINI en septembre dernier; les compagnes rencontrées cet été en pays de Loire; la suite promise des primeurs 2015 à Bordeaux; la nouvelle cuvée spéciale Mmmm… ton vin ! dans ce beau millésime, enfin ! après quatre années moyennes parfois médiocres (2013, sauf exception); et bien d’autres posts à venir.

Bonne année 2017

La rédaction

BORDEAUX : QUELQUES PRIMEURS 2015 (2)

PAUILLAC, SAINT-ESTÈPHE, qualité à l’identique

11 vins présentés au château LAFON-ROCHET.

À tout seigneur, tout honneur, Lafon-Rochet, situé sur le terroir de Saint-Estèphe entre Cos d’Estournel et Lafite-Rothschild. Couleur de prédilection, le jaune, celui de la peinture des murs du bâtiment (reconstruit sur le modèle d’une chartreuse XVIIème par Guy Tesseron lorsqu’il achète le vignoble milieu des années 70), celui des étiquettes et celui du pantalon de notre hôte Michel Tesseron.

Le vignoble* conduit par le sympathique Basile Tesseron, fils du non moins sympathique et hédoniste Michel, lui-même fils de Guy, venu des Charentes, plus sévère, lui-même fils d’Abel, créateur du cognac Tesseron en 1905. Bordeaux, c’est souvent une affaire de famille : le frère de Michel, Alfred, dirige Pontet Canet (Pauillac absent ici, il joue ailleurs dans la cour des très grands depuis deux 100/100 de Parker consécutifs en 2009 et 2010 ) avec Mélanie, la fille de Gérard leur autre frère décédé, a repris la maison de cognac et racheté le vignoble de l’acteur Robin Williams dans la Napa Valley.

Alors le Lafon-Rochet 2015 ? Il est bien, remarquable même. Mais selon Basile, qui le vend à 80 à 90 % en primeur, les notes attribuées par les critiques ne sont pas à la hauteur de la qualité de son vin, sous prétexte qu’il aurait plu dans le nord du Médoc plus qu’ailleurs. Lors d’une rencontre avec la magazine Vitisphère, il a brandi ses échantillons en lançant : « ça a pris la pluie ça ? C’est dilué ça ? On a rajouté de l’eau ?… Il faut arrêter : rarement nous avons réalisé un aussi beau vin ».

* 4ème cru classé. 45 ha. 120 000 b/an. Graves du quaternaire, sous-sol argilo-calcaire. 55 % CS, 40 % M, 3 % CF, 2 % PV. Élevage 15 mois en barriques à 50 % neuves. Prix du 2014 : aux alentours de 25 €.
**Second vin : Les Pèlerins de Lafon-Rochet. À ceux qui se méfient des seconds vins, il faut dire que les grands crus font de meilleures sélections de raisins permettant d’en élever la qualité (et le prix). Les rumeurs convergent sur les 2nds en 2015 : ils sont excellents. L’idée est de s’en consoler quand on ne peut se payer les 1ers vins.

Les grands crus classés de Pauillac sont exposés à côté l’un de l’autre, respectables, inattaquables, imperturbables — Grand-Puy Ducasse et Grand-Puy Lacoste, d’Armailhac et Clerc Milon (qui sort pour la 1ère fois un 2nd vin**), tous les deux Rothschild (Mouton n’est pas présent, et la grille du château est fermée), les deux Pichon, Baron et Lalande, les deux Lynch, Bages et Moussas, Croizet Bages et Haut-Bages Libéral. Que vous dire ? Proches, ils forment plus qu’une équipe, une Cour. J’en connais plus d’un qui à l’aveugle ne sauraient faire de vraie différence entre eux, chacun est bel et bon, de très bonne compagnie (sans bashing facile). Dégustés en une demi-heure, sans avoir pu noter d’intrus en termes de goût dans ce bel ensemble homogène. Tous frères, tous bons.

Ceux de Saint-Estèphe sont là aussi — Cos Labory, Château de Pez, Ormes de Pez, Phélan Ségur, réussis déjà. Une année sûre vous dis-je.

Dégustation conclue par un plateau repas original accompagné d’un verre de Lafon-Rochet 2008 et d’un autre des Pèlerins de Lafon-Rochet 2011.

MÉDOC, LISTRAC, HAUT-MÉDOC, MOULIS, qualité et prix à la hausse.

16 vins présentés au château CITRAN :
— le seul Médoc membre de l’union des grands crus, La Tour de By, l’un des plus au nord, bien proportionné et plus musclé que le 2014 (12 €, continue d’augmenter).
— En Listrac je goûte les deux Fourcas : Dupré et Hostens, blanc bonnet et bonnet blanc dans la suavité.
— En Haut-Médoc : Belgrave joliment fumé, Citran taillé robuste (à partir de 12 €), Lamarque égal à lui-même dans l’élégance. La Lagune a fait beaucoup de progrès et se montre cette année sous son meilleur jour. Cantemerle est « mieux qu’en 2010, mieux qu’en 2009, mieux qu’en 2005, c’est un vin qui arrive de partout, un très grand « , proclame le chef d’exploitation.
La médaille va selon moi à Beaumont, 90 ha, 600 à 700 000 b/an, très tannique et inhabituellement puissant : à 10 €, réserver tout de suite ! (moins cher encore, le 2ème vin, Château d’Ardigny, n’est malheureusement pas en vente car entièrement réservé à la chaîne Barrière).
Couffran est un beau vin (16-18 €) : « 2015 pourra être un millésime d’anthologie dans les châteaux qui ont su récolter en se jouant des pluies de septembre, mais sans doute moins dans les propriétés qui ont manqué de lucidité ou de moyens,  » déclare Eric F. Miailhe, de la lignée du même nom établie à Bordeaux depuis plus deux siècles, propriétaire aussi de Verdignan et de Soudars à Saint-Seurin-de-Cadourne, commune qui compte une bonne quinzaine de crus exceptionnels.
— En Moulis, justement, Maucaillou fait grise mine, « on a trop attendu et on s’est fait mouiller » : perte de 50 à 55% de leur récolte. Devenu (trop) cher : 20 €.

Même conclusion : une très bonne année en primeur. Après les difficiles 2011, 2012 et 2013 et un doute planant encore sur le 2014, 2015  redonne le sourire aux propriétaires et l’espoir de réveiller le marché à la Place de Bordeaux. Mais la satisfaction d’avoir réalisé un bon millésime risque de se tempérer : malgré la certitude que les prix vont monter, on s’attend à ce que  le 2015 soit moins haussier que les 2009 et 2010.
Quand le boire ? Comme disait le gentleman Paul Pontallier, le directeur récemment décédé de Château Margaux :  » quand un vin est bon jeune, il est bon tout au long de son existence « . Ce sera le cas de ce millésime 2015.

 À SUIVRE… CHEVAL BLANC

BORDEAUX : QUELQUES PRIMEURS 2015

DANIEL J. BERGER

À Bordeaux on pavoise, le 2015 s’affiche comme un bon, un très bon, peut-être un grand millésime.
Voici quelques réflexions consécutives à reniflements (longs), recrachats (consciencieux) et avalements (goulus) de quelques crus nouveaux-nés lors d’une journée et demie d’un château à l’autre.

SAINT-ÉMILION, de très belles réussites

Environ 400 bouteilles (1) dans une église désaffectée de la rue principale de Saint-Émilion.

Très bon niveau incontestable de ces vins en primeur : du fruité, des tannins déjà liés, du charnu, de la profondeur et de la perspective, rare à Saint-Émilion, résultat d’un bon état sanitaire des raisins et d’une large palette aromatique que la chaleur de l’été a permis, avec juste ce qu’il a fallu de pluies.
Un grand millésime dans l’environnement Saint-Émilion, Fronsac et Pomerol.

Les Saint-Émilion Grand Cru Classé et Grand Cru* à recommander pour un achat en primeurs :
YON FIGEAC, LA COUSPAUDE, GUADET (dont le vignoble est situé en pleine ville, rue Guadet…), HAUT SARPE, GRAND CORBIN, GRAND CORBIN DESPAGNE et GRAND CORBIN MANUEL*, FONROQUE, FONPLÉGADE, FOMBRAUGE*, CADET BON, PALATIN*, LA RÉVÉRENCE* et HAUT SAINT-BRICE*.
Mention spéciale aux châteaux PIPEAU*, PIERRE 1er* (ex CROIX FIGEAC), PAS DE L’ÂNE* pour leurs arômes de fumé, et COUTET* pour son fin goût herbacé.
Mon meilleur est LAROZE, magnifique.

(1) St-Émilion et satellites (Lussac, Puisseguin, Montagne, St-Georges), Lalande de Pomerol, Fronsac et Canon. NB. Classement 2012 : 18 St-Émilion, 270 St-Émilion Grand Cru, 63 St-Émilion Grand Cru Classé, 14 St-Émilion Grand Cru Classé B, 4 St-Émilion Grand Cru Classé A (ANGÉLUS, AUSONE, CHEVAL BLANC, PAVIE).

GRAVES, le bon rapport qualité/prix

63 châteaux présentés à la Chambre de Commerce et d’Industrie, place de la Bourse à Bordeaux.

Dans l’ensemble, les rouges sont déjà mûrs, onctueux, avec des tannins « peu réactifs ».

Certains blancs ont vu leur maturité bloquée en raison des écarts de température entre juillet et août, pouvant selon les endroits occasionner un stress hydrique, et réduire les rendements. Mais les blancs sont rarement ratés en Graves et Pessac-Léognan, même en 2013 ils étaient bons, si ce n’est excellents. Ils le sont encore cette année, avec une belle palette — intensité, minéralité, arômes d’agrumes (nectarine parfois) — malgré un léger manque d’acidité de temps à autre, pour 10-12 € ht en moyenne, prix départ.

En plus du rouge et de ses deux blancs, le classique et la fameuse Cuvée Caroline, CHANTEGRIVE présente cette année un Cérons exploité sur 3 hectares (6 000 b) et une cuvée confidentielle (1 200 bouteilles) de Grive Dorée, un moelleux succulent à 12 €/b.
Arnaud de Butler fait goûter son CRABITEY rouge pas encore tout à fait présent au monde, et son blanc déjà bien bon.
Caroline et Xavier Perromat sont satisfaits de leurs 2015, le CHÂTEAU de CÉRONS est excellent, et leur graves rouge, encore un peu gauche, qu’il faudra re-goûter à l’automne, promet beaucoup.
Le VÉNUS (rouge) me plaît, il a une allure d’indépendance vis-à-vis du goût médian, et son fruité mutin surprend.
Arrêt au stand HAUT SELVE chez les frères Denis et Arnaud Lesgourgues, dont le blanc sort du rang; comme celui de L’HOSPITAL voisin, dont l’infirmière donne envie de s’attarder pour les soins.
Enfin MAGENCE, toujours séduisant et ambitieux.

Millésime qualifié en Graves d' »hétérogène », qualificatif passe partout qui annonce prudemment les différences d’un coin à l’autre de ce vignoble « origine de Bordeaux », qui s’étend sur 40 km des faubourgs sud de Bordeaux jusqu’à Langon, et dont les blancs sont devenus incontournables à l’échelle mondiale.

À SUIVRE… (RIVE GAUCHE)

‘MUSICA VINI’ : LA 4ème ÉDITION ANNONCÉE

Logo MVMUSICA VINI, suite de performances musicales inspirées par la dégustation de vins, se tiendra en sud Mayenne près de Sablé-sur-Sarthe, les samedi 10 et dimanche 11 septembre prochains.

Thème de la 4ème édition : « La Voix du Vin », dédiée à des groupes vocaux et à des vins évocateurs de la voix humaine.

 

Deux fois trois concerts-dégustations et deux programmes distincts
Le samedi 10 septembre au château de Linière près de Ballée, et le dimanche 11 au hameau de Bellebranche à Saint-Brice, à quelques kilomètres de Sablé-sur-Sarthe, haut-lieu du baroque.
Le programme de Musica Vini brille une fois encore par son éclectisme.

Des musiciens au style très différent
Folk — UN TRAGUITO MAS : chants populaires d’Amérique latine et fado en duo voix/accordéon.
Musique contemporaine — SEGUIDO, ensemble vocal d’une vingtaine de choristes sous la direction de Valérie Fayet, en résidence au conservatoire de Sablé.
Électro Pop — FLAVIEN BERGER, chanteur soliste accompagné de son équipement électronique.
Baroque — ALEXIS KNAUS, soliste haute-contre en duo (luth).
Middle Jazz — LUCY DIXON, chanteuse et tap dancer accompagnée par deux guitaristes et un contrebassiste.

Les vins à conjuguer
avec les performances musicales proviendront entre autres de :
MONTLOUIS (Touraine), JASNIÈRES (Sarthe), SAUMUR, CHINON, la COSTA BRAVA

L’originalité de Musica Vini
Les participants — musiciens, vignerons et public — se retrouvent pour trois concerts-dégustations successifs, à l’unisson d’un vin différent qui inspire chacune des séquences musicales.
Spectacle indépendant, Musica Vini est à ce jour une première.

Le programme complet sera annoncé courant mai.

Information : 06 2212 3237 et contact@musicavini.fr

IVRESSE DES AZTÈQUES

D’après la newsletter de Books

Cinquante deux ans, c’était l’âge minimum requis chez les Aztèques pour boire de l’alcool !

Dans Drink: A Cultural History of Alcohol, Iain Gately précise que les Aztèques dont l’âge requis pour boire de l’alcool était fixé à 52 ans, dépassant souvent leur espérance de vie, faisaient une exception tous les quatre ans : ils organisaient « l’ivresse des enfants, » une fête où tous y compris les petits étaient obligés de boire de l’alcool.

Leurs boissons alcoolisées étaient élaborées à partir de maïs fermenté, de miel, d’ananas, de fruit de cactus et d’autres plantes. La plus commune était l’octli à base de sève d’agave américain,  connue au Mexique sous le nom pulque. Toutes les classes sociales en buvaient, même si certains nobles mettaient un point d’honneur à ne pas toucher un breuvage si modeste (environ 8° alc.).

Femme_agee_azteque_alcoolLa consommation d’alcool était autorisée, y compris pour les enfants en certaines occasions donc, mais l’ivresse était totalement proscrite. Les châtiments étaient très sévères, et encore plus pour l’élite. La première entorse d’un roturier était punie d’une mise à sac de sa maison et d’un exil temporaire dans les champs pour y vivre comme un animal. Un noble n’avait généralement pas de seconde chance et était mis à mort. Les plus âgés bénéficiaient d’une relative clémence. Sans pouvoir empêcher les tragédies de nobles alcooliques qui buvaient à en devenir pauvres, miséreux, voire à en mourir. Un chercheur de Sahagún a retranscrit la déchéance de Tlacateccatl, un ancien général ayant commandé plus de 8 000 hommes : « valeureux et grand guerrier, et gentilhomme, il but toutes ses terres, il vendit tout. On le retrouvait parfois sur des routes de passage gisant à terre ivre, vautré dans les ordures. »  FIN

Ci-dessus, femme aztèque âgée buvant de l’octli (peinture du Codex Mendoza). Source additionnelle : Wikipedia en langue française.
ALENTEJO RETROUVÉE (4) : HERDADE OUTEIRO DE ESQUILA

DANIEL J. BERGER

La région de l’Alentejo au sud du Portugal produit le quart des vins classés du pays, 4ème grand du vin européen. Elle organise tous les deux ans un concours de dégustation international, VINIPAX, auquel Mtonvin était convié à participer en octobre dernier. Occasion de rendre visite aux premiers domaines médaillés. 

Le domaine Outeiro de Esquila a été l’affaire de deux hommes qui se sont Filles_Sexy_Outeirotrouvés un peu par hasard et se sont aussitôt bien entendus, l’Anglais David Booth, consultant expérimenté, décédé subitement à 47 ans en 2012 et le Portugais António Maçanita, né en 1979, œnologue formé très jeune dans la Napa Valley, en Australie et à Pauillac.

Ensemble ils ont créé ex nihilo un domaine de 300 hectares près d’Évora, gagnant rapidement la confiance des consommateurs et la reconnaissance du grand public dès 2004 en remportant le trophée des vins de l’Alentejo pour leur Preta.

Tout dernièrement le domaine a sorti une audacieuse gamme Sexy en blanc, rosé, rouge et effervescent qui a aussitôt rencontré son public.

LE VIN ET LE SACRÉ

DANIEL J. BERGER

« Une religion sans vin est comme un homme sans esprit » remarque le rabbin de Strasbourg Mendel Samama dans Le Vin et le Sacré publié par l’éditeur Féret, celui du fameux guide Cocks et Féret Bordeaux et ses vins qui fait autorité depuis 1850, dans la collection Le vin et… l’amour, la musique, la médecine, la mer, etc. Un « beau livre » de vulgarisation signé de la journaliste du vin Evelyne Malnic.

Le_vin_et_le_sacre« Partout, dans tous les pays, l’histoire de la vigne est attachée à des mythes. Aucune tradition n’attribue la création du vin à l’être humain » écrit-elle. « Ce sont Osiris, Dionysos et Bacchus les révélateurs ». Depuis leur début, les religions les plus répandues ont chacune une relation liturgique plus ou moins fusionnelle avec le vin, qui a pris la première place au détriment des autres boissons offertes aux dieux. Le vin de vigne, car il en existe d’autres — palme, fruits, céréales, etc. —, né apparemment au VIIème siècle avant notre ère entre la Géorgie, l’Arménie et la Turquie (Shiraz-Syrah), aurait formé un couple, vin et divin, avec l’ensemble des pratiques religieuses — les mythologies (grecque, romaine, celte), les cultes orientaux (hindouisme, bouddhisme, taoïsme, mais sans pénétrer la Chine ni le Japon), et les monothéismes (judaïsme, christianisme, islamisme). C’est ce « couple », terme qu’affectionne l’auteure, qui fait l’objet du livre d’Evelyne Malnic, dont le sous titre est « À l’usage des hédonistes, croyants ou libres penseurs ».

Le vin au cœur
Le vin appelle à un attachement profane assez identique selon les régions où il est produit, mais non à la même dévotion religieuse selon les cultes qui y sont pratiqués. Parce qu’il naît de la fermentation dont le phénomène est immuable contrairement aux doctrines, le vin a sans doute moins mué que les pratiques religieuses au cours de l’histoire. Les rites sacrificiels d’humains puis d’animaux dans l’Antiquité méditerranéenne pré-judaïque par exemple, laissent progressivement place à la prière et les beuveries ou libations aux bénédictions sur la coupe à chaque fête religieuse juive (1). Donc plutôt que de partir des religions, par essence exclusives les unes des autres, le livre prend le vin comme personnage central et peut ainsi explorer à même distance les motivations et usages des différents religions et liturgies à son égard. Impliquant qu’au cours des 9 000 ans de son histoire, la boisson favorite des dieux et de leurs prêtres a agi comme passeur de religions et de civilisations.

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