IVRESSE DES AZTÈQUES

D’après la newsletter de Books

Cinquante deux ans, c’était l’âge minimum requis chez les Aztèques pour boire de l’alcool !

Dans Drink: A Cultural History of Alcohol, Iain Gately précise que les Aztèques dont l’âge requis pour boire de l’alcool était fixé à 52 ans, dépassant souvent leur espérance de vie, faisaient une exception tous les quatre ans : ils organisaient « l’ivresse des enfants, » une fête où tous y compris les petits étaient obligés de boire de l’alcool.

Leurs boissons alcoolisées étaient élaborées à partir de maïs fermenté, de miel, d’ananas, de fruit de cactus et d’autres plantes. La plus commune était l’octli à base de sève d’agave américain,  connue au Mexique sous le nom pulque. Toutes les classes sociales en buvaient, même si certains nobles mettaient un point d’honneur à ne pas toucher un breuvage si modeste (environ 8° alc.).

Femme_agee_azteque_alcoolLa consommation d’alcool était autorisée, y compris pour les enfants en certaines occasions donc, mais l’ivresse était totalement proscrite. Les châtiments étaient très sévères, et encore plus pour l’élite. La première entorse d’un roturier était punie d’une mise à sac de sa maison et d’un exil temporaire dans les champs pour y vivre comme un animal. Un noble n’avait généralement pas de seconde chance et était mis à mort. Les plus âgés bénéficiaient d’une relative clémence. Sans pouvoir empêcher les tragédies de nobles alcooliques qui buvaient à en devenir pauvres, miséreux, voire à en mourir. Un chercheur de Sahagún a retranscrit la déchéance de Tlacateccatl, un ancien général ayant commandé plus de 8 000 hommes : « valeureux et grand guerrier, et gentilhomme, il but toutes ses terres, il vendit tout. On le retrouvait parfois sur des routes de passage gisant à terre ivre, vautré dans les ordures. »  FIN

Ci-dessus, femme aztèque âgée buvant de l’octli (peinture du Codex Mendoza). Source additionnelle : Wikipedia en langue française.
ALENTEJO RETROUVÉE (4) : HERDADE OUTEIRO DE ESQUILA

DANIEL J. BERGER

La région de l’Alentejo au sud du Portugal produit le quart des vins classés du pays, 4ème grand du vin européen. Elle organise tous les deux ans un concours de dégustation international, VINIPAX, auquel Mtonvin était convié à participer en octobre dernier. Occasion de rendre visite aux premiers domaines médaillés. 

Le domaine Outeiro de Esquila a été l’affaire de deux hommes qui se sont Filles_Sexy_Outeirotrouvés un peu par hasard et se sont aussitôt bien entendus, l’Anglais David Booth, consultant expérimenté, décédé subitement à 47 ans en 2012 et le Portugais António Maçanita, né en 1979, œnologue formé très jeune dans la Napa Valley, en Australie et à Pauillac.

Ensemble ils ont créé ex nihilo un domaine de 300 hectares près d’Évora, gagnant rapidement la confiance des consommateurs et la reconnaissance du grand public dès 2004 en remportant le trophée des vins de l’Alentejo pour leur Preta.

Tout dernièrement le domaine a sorti une audacieuse gamme Sexy en blanc, rosé, rouge et effervescent qui a aussitôt rencontré son public.

LE VIN ET LE SACRÉ

DANIEL J. BERGER

« Une religion sans vin est comme un homme sans esprit » remarque le rabbin de Strasbourg Mendel Samama dans Le Vin et le Sacré publié par l’éditeur Féret, celui du fameux guide Cocks et Féret Bordeaux et ses vins qui fait autorité depuis 1850, dans la collection Le vin et… l’amour, la musique, la médecine, la mer, etc. Un « beau livre » de vulgarisation signé de la journaliste du vin Evelyne Malnic.

Le_vin_et_le_sacre« Partout, dans tous les pays, l’histoire de la vigne est attachée à des mythes. Aucune tradition n’attribue la création du vin à l’être humain » écrit-elle. « Ce sont Osiris, Dionysos et Bacchus les révélateurs ». Depuis leur début, les religions les plus répandues ont chacune une relation liturgique plus ou moins fusionnelle avec le vin, qui a pris la première place au détriment des autres boissons offertes aux dieux. Le vin de vigne, car il en existe d’autres — palme, fruits, céréales, etc. —, né apparemment au VIIème siècle avant notre ère entre la Géorgie, l’Arménie et la Turquie (Shiraz-Syrah), aurait formé un couple, vin et divin, avec l’ensemble des pratiques religieuses — les mythologies (grecque, romaine, celte), les cultes orientaux (hindouisme, bouddhisme, taoïsme, mais sans pénétrer la Chine ni le Japon), et les monothéismes (judaïsme, christianisme, islamisme). C’est ce « couple », terme qu’affectionne l’auteure, qui fait l’objet du livre d’Evelyne Malnic, dont le sous titre est « À l’usage des hédonistes, croyants ou libres penseurs ».

Le vin au cœur
Le vin appelle à un attachement profane assez identique selon les régions où il est produit, mais non à la même dévotion religieuse selon les cultes qui y sont pratiqués. Parce qu’il naît de la fermentation dont le phénomène est immuable contrairement aux doctrines, le vin a sans doute moins mué que les pratiques religieuses au cours de l’histoire. Les rites sacrificiels d’humains puis d’animaux dans l’Antiquité méditerranéenne pré-judaïque par exemple, laissent progressivement place à la prière et les beuveries ou libations aux bénédictions sur la coupe à chaque fête religieuse juive (1). Donc plutôt que de partir des religions, par essence exclusives les unes des autres, le livre prend le vin comme personnage central et peut ainsi explorer à même distance les motivations et usages des différents religions et liturgies à son égard. Impliquant qu’au cours des 9 000 ans de son histoire, la boisson favorite des dieux et de leurs prêtres a agi comme passeur de religions et de civilisations.

ALENTEJO TERRE RETROUVÉE (3) : ADEGA MAYOR

DANIEL J. BERGER

La région de l’Alentejo au sud du Portugal produit le quart des vins classés du pays, 4ème grand du vin européen. Elle organise tous les deux ans un concours de dégustation international, VINIPAX, auquel Mtonvin était convié à participer en octobre dernier. Occasion de rendre visite aux domaines médaillés.

Le fondateur de la Herdade Adega Mayor est un vrai Rui_Nabeiro1gagnant, un gagnant permanent.

Il s’agit du « Commandeur » Rui Nabeiro, roi du café (marques Delta n°1 dans la péninsule ibérique, et Camelo) qui sait mettre du vin dans sa tasse (photo).

L’emblème du domaine Adega Mayor, 350 hectares, est le bâtiment – chef-d’œuvre de l’architecte portugais Siza Veira, qui l’a placé à sa création ex nihilo en 2007 au milieu des collines de Mamede au nord est de l’Alentejo près de Campo Maior, sur un panorama exceptionnel. Gagnant.

DEUIL

Suite aux attentats du 13 novembre, ce blog observe une longue période de silence.

Je suis ParisJe suis Paris

FIN

ALENTEJO TERRE RETROUVÉE (2) : LE CONCOURS VINIPAX

DANIEL J. BERGER

L’Alentejo, région vinicole du sud du Portugal produit le quart des vins classés du pays, 4ème grand du vin européen.
Elle organise tous les deux ans un concours de dégustation international,
VINIPAX, auquel Mtonvin était convié à participer à la mi-octobre dernier.

Verre Vinipax GP

ViniPax, la paix du vin, quel beau nom ont trouvé là les fondateurs pour nommer ce concours, organisé avec l’une des plus importantes associations internationales de journalistes du vin, la FIJEV (1).

Son principe est de faire appel à un large éventail de dégustateurs pour légitimer les résultats en leur donnant, au nom de la diversité culturelle et géographique des différents palais, une signification « universelle ».

Les dégustateurs représentant 13 pays (2) répartis en trois jurys avaient rejoint le samedi 10 octobre la splendide Pousada (équivalent du Parador en Espagne) de San Francisco, une ancienne abbaye, à Beja où se tenait le salon des vins de l’Alentejo, d’Algarve et de Setúbal.

VINS INSOLITES : RECENSEMENT PÉDAGOGIQUE ET POÉTIQUE

COMMUNIQUÉ

Le vin a une évidence, une voix, un visage, un territoire et provoque un désir. Ce carnet de voyages raconte des histoires inhabituelles de vignerons à travers le monde. Il rend hommage aux créateurs de vins à l’image de leurs paysages, et aux sommeliers et cavistes qui transmettent leur passion.
Voilà comment présente Vins Insolites son auteur, Pierrick Bourgault, reporter et auteur de nombreux ouvrages sur les sociétés rurales, les nourritures et les vins du monde.

Vins_InsolitesIngénieur agronome, journaliste, photographe, Pierrick Bourgault qui se veut pédagogue, a organisé son ouvrage en huit thèmes, dont les climats inhabituels — comment faire pousser la vigne dans le désert de Gobi ou produire des vins de glace à Taiwan; les terroirs hors sentiers battus, comme les vignes emmurées des Açores; les cépages étonnants, maudits, mythiques ou piwi (résistants aux maladies par marcottage et greffage); ou encore les couleurs — vins jaunes, vins oranges, vins noirs…

Vous y découvrirez sur le mode poétique des ceps de 15 mètres de haut en Italie ou au Portugal (photo de couverture ci-contre), des vignes héroïques inscrites au Patrimoine de l’Unesco, un Vin de la Paix associant 600 cépages du monde entier, les amphores enterrées de Géorgie, des vinifications atypiques et des élevages devenus extraordinaires à notre époque d’uniformisation des techniques et des goûts.  FIN

Éd. JonGlez. Sept 2015. Relié 17,5×28,4 cm. 29,90 €. Gourmand World Cookbook Award.

GÉNIAL : 0,2 GRAMME

Je me suis fait greffer une puce de chez Volkswagen sous la peau :
je peux picoler autant que je veux, je serai toujours à 0,2 gramme.

Génial, merci Volkswagen

Blague 0_2gr

IN SLOVENIA AGAIN, A 500 YEAR OLD GRAPEVINE

From JEFF LICCIARDELLO / VINE PAIR — May 29, 2015

Meet the oldest vine in the world, the vino treasure has been around in the country of Slovenia for nearly 500 years.  The most interesting way to encounter Slovenia’s wine may be by tasting it, but also to journey to the city of Maribor, the 2nd largest in the country with 115,000 inhabitants and to visit the oldest living vine in the world.

Below, picking up rare grapes at the Maribor Old Vine Festival

Slovenia_2_Vine_Pair

ALENTEJO, TERRE RETROUVÉE : (1) UNE HISTOIRE CONTRASTÉE

DANIEL J. BERGER

Le Portugal est devenu l’indiscutable 4ème grand pays du vin européen. L’Alentejo, région vinicole du sud produit le quart des vins classés du pays. Elle développe une activité œnotouristique intimement liée à la production vinicole.
Coup d’œil sur une région sèche jusqu’au désertique qui organise un concours de dégustation international bi-annuel,
VINIPAX, auquel Mtonvin était convié mi-octobre.

amphoresSans savoir avec précision quand ou comment le vin est né dans l’Alentejo, on suppose qu’il remonte à l’époque mégalithique andalouse — il y a entre 3 000 et… 6 000 ans —, celle des alignements de pierres et des dolmens au milieu des vignes (photo en fin d’article) dans certaines herdades (ou domaines, dans la région du Douro on dit quintas) comme celui de Pêra Grave.
C’est-à-dire que le vin existe ici depuis avant les Phéniciens qui l’ont fait voyager dans les premières amphores, donc avant les Grecs et avant les Romains qui, eux, l’ont réellement implanté dans l’Alentejo, en développant notamment la fermentation des raisins dans de grandes amphores en terre glaise.

Next Page