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GEL : TOUS TOUCHÉS

D’après e-Vitisphère, 25 avril 2017

Avec une ampleur géographique inédite, les épisodes récents de gel concernant la France ont touché l’ensemble des régions viticoles, sauf jusqu’à plus ample informé, l’Alsace et la Provence. Certaines sont endommagées sur les bourgeons et les feuilles déjà développées, d’autres sont entièrement ravagées. Et de nombreuses nuits sont encore à redouter jusqu’au 15 mai.

Réchauffement climatique ? Une des idées reçues prédominantes est que les masses glaciaires fondant aux pôles viennent refroidir le Gulf Stream qui lui-même refroidit les régions continentales.

SOUVERAINS PONCIFS

HERVÉ LALAU | Les 5 du vin, 19 avril 2017

Le blog Mmmm… ton vin ! se fait fort de relayer les points de vue intéressants et nouveaux et d’accueillir les contributions de bloggers établis ou inconnus.
Aujourd’hui Hervé Lalau, partenaire du blog collectif
Les 5 du vin.

C’est fou le nombre de bêtises qui circulent dans le domaine du vin, transmises de génération en génération, de sommelier en sommelier, de critique en critique, de buveur en buveur. Légendes urbaines, on-dits, souverains poncifs, ou simples conneries, parfois teintées de snobisme. Et l’âge ne fait rien à l’affaire. Une vieille bêtise reste une bêtise. En voici quelques unes avec, quand c’est possible, le contre-exemple, en guise d’antidote…

« Le Champagne fait moins mal à la tête que les autres bulles »
On lit toujours ce genre d’affirmations mal étayées sur des sites de référence et même dans des sondages, preuve que la Champagne entretient bien son image de produit de luxe… Et peut parfois faire preuve de mauvaise foi (l’histamine a bon dos : pourquoi les Chardonnay-Pinot de Loire, du Jura ou de Bourgogne en auraient-ils moins que ceux de Champagne ?).

« Les blancs du Sud sont lourds »
Contre-exemples: le Picpoul de Pinet, le Rias Baixas, le Verdicchio, le Côtes-de-Gascogne…

« Les vins d’Espagne sont alcooleux »
Contre-exemple : les vins de Galice (et bien d’autres).

« Le Porto est un vin d’apéritif »
Contre-exemple: le mode de consommation anglais du Porto, qu’on qualifiera de diversifié – cela va du foie gras au fromage, en passant par le chocolat, sans oublier le cigare. Dans sa nouvelle The Choice of Amyntas, Somerset Maugham a d’ailleurs écrit de fort belles choses sur la façon de boire entre 1 et 4 verres de Porto selon l’effet recherché et en dehors des repas.

POPE FRANCIS SAYS WINE IS A NECESSITY

From VINE PAIR | June 10, 2016

Pope Francis is a cool dude.  The Pontiff has captured the attention of people around the globe by spending much of his time addressing the cruelties in the world and attempting to curtail them.  He has ridiculed the Church’s obsession with abortion, gay marriage and contraception, all while he has promoted genuine respect for all.

The Pope even has a sense of humor for God’s sake (see how it is funny?).  But at the end of the day, he actually seems like an ideal candidate to share some wine with, and truth be told, if he had the time, he would be down to indulge with you.  Because he became even cooler as he recently claimed that wine is a necessity.

QUEL VIN BUVAIT JÉSUS ?

From VINE PAIR  | April 11, 2017

PÂQUES : considérations archéologiques américaines et israéliennes sur le vin au temps de Jésus-Christ.

It’s hard to ignore the prominence of wine in the Bible.  According to Jancis Robinson’s Oxford Companion to Wine, the vine is mentioned more than any other plant.  A study at Brigham Young University in Utah found that the word yayin, one of many Ancient Hebrew words used for wine, is used 140 times in the Old Testament.

Wine plays a central role in the biblical narratives. 
The first thing Noah does post-flood upon reaching dry land is plant a vineyard, get trashed, and pass out in his tent.  Later, Jesus shows up at a wedding in Cana with his disciples.  During the reception, the wedding party runs out of wine and Jesus performs his first miracle, turning water into wine and saving the newlyweds from an epic faux pas.  And toward the end of his life, Jesus uses wine at the Last Supper / La Cène as a symbol of his blood (see various illustrations below)

Le sacrement de la dernière cène, Salvador Dali, 1955, National Gallery of Art, Washington

ENRICO BERNARDO : UN EXERCICE DE PRÉCISION

DANIEL J. BERGER


En élaborant des mets fins en correspondance avec la gamme du
Château Maison Noble, Enrico Bernardo (photo) s’est livré hier à un exercice de précision démontrant sa grande culture et son savoir-faire exceptionnel.

 

Le meilleur sommelier du monde 2004 recevait dans son restaurant
Il Vino à l’occasion du déjeuner de présentation à la presse de ce domaine de l’Entre-deux- Mers, qui affiche de grandes ambitions tant pour sa production que pour l’appellation elle-même, en plein devenir.

 

Acquis en 2013 par Mme Sokolovska et son mari, dont le rêve était d’acquérir un vignoble bordelais, le Château Maison Noble Saint-Martin se situe à proximité de Sauveterre-en-Guyenne au cœur de l’Entre-deux-mers — c’est-à-dire entre la Garonne et la Dordogne qui subissent l’influence des marées de l’Atlantique et de la Méditerranée. La région Entre-deux-mers qui s’étend de la pointe du bec d’Ambès au nord jusqu’aux départements de la Dordogne et du Lot-et-Garonne au sud sur quelque 10 000 km2, comprend une quinzaine d’appellations sur une superficie de 7 000 hectares produisant environ 335 000 hectolitres : c’est la plus vaste AOC de France, on l’ignore souvent.

JACQUES DUPONT : LE VIN ET MOI (3)

RAPPEL : LE Guide des vins de Bordeaux, éditions Grasset.

« J’ai choisi le métier de journaliste parce je suis curieux de la vie des gens, que j’aime raconter les histoires. Et le monde du vin, ce n’est que des histoires.

Des livres et des guides sur le vin et sur sa capitale Bordeaux, il en existe beaucoup. Ils parlent technique, dégustations, notes, millésimes, cépages…

Celui-ci aussi, car des vins de Bordeaux, j’en ai dégusté des dizaines de milliers… Ça fait 20 ans que je consacre une bonne partie de mon temps à Bordeaux. Goûter, écouter, prendre des notes, dans les salles meublées Louis XV, dans la lumière tamisée des chais, dans les cuisines des vignerons. J’ai ainsi empilé une masse considérable d’anecdotes, de témoignages et de commentaires de dégustation.

LES DERNIERS PETITS DE PAUILLAC

D’après JANE ANSON | DECANTER Newsletter | 24 février 2017

La correspondante permanente à Bordeaux de la revue britannique DECANTER, Jane Anson, a rencontré les derniers petits vignerons de Pauillac, dont on peut acheter les vins.

It’s not all multi-million euro mansion houses and vineyard estates in this vaunted appellation on Bordeaux’s Left Bank.

It’s not like we get a knock on the door every single week asking us to sell,’ Alain Albistur is telling me. ‘But we know they are listening’.

The others in the room nod at this, before his neighbour Gérard Bougès adds, ‘and also we know that we benefit from the power of the Pauillac name.  And it’s nice to know that if we want to retire, it’s going to be possible.  That’s not quite so easy for friends with wine estates up in the northern reaches of the Médoc’.

We are stood in the small back room of Domaine les Sadons.  It’s a short two minute stroll here from the D2 « route des châteaux », just set back from Château Fonbadet in Saint-Lambert.  Out of the window we can see the vines of Pichon Baron stretching away.  Albistur himself has only 87 ares (just over 2 acres) of vines in the appellation, and is well aware that he is unlikely to ever have any more of what is perhaps the most expensive agricultural land in France.

JACQUES DUPONT : LE VIN ET MOI (2)

D’après l’interview de LAURENT GOTTI, journaliste-dégustateur en Bourgogne 13.12.16.

Avec Le Vin et Moi paru fin 2016, Jacques Dupont, le journaliste et chroniqueur spécialisé de l’hebdomadaire Le Point, publie une suite dans le même esprit de son précédent livre Choses Bues, paru en 2008 chez Grasset.

De son œil toujours aussi aiguisé voire satirique sur le monde du vin, il nous livre ses réflexions à propos de la dégustation, des vins naturels, des nouveaux venus qui débarquent dans la vigne, de la pratique du journalisme de vin, de la Bourgogne.

Interview cash.

 

Du côté de la production, vous évoquez la vogue du vin « nature » ou « naturel… »
Le vin c’est le génie humain. Le premier signe de civilisation, c’est la maîtrise de la fermentation. Dire que l’idéal c’est le vin naturel, qu’il naîtrait de la génération spontanée comme une espèce de résurgence divine… tout ça m’emmerde complétement. A partir d’un même terroir, l’homme va apporter des choses différentes, suivant son intelligence, sa perception. C’est un équilibre entre la nature et l’homme. Les grands terroirs sont toujours dans des zones marchandes, de commercialisation. Les évêques d’Autun n’ont pas développé la côte de Beaune ou la côte de Nuits parce qu’un jour Dieu leur est apparu disant : « Vous avez de grands terroirs là, sous les cailloux ». Ce n’est pas Neptune qui a suggéré aux gens autour du port de Bordeaux d’aller planter du cabernet-sauvignon. Vous ne verrez pas de grands vins dans les zones sans circulation.

SOIGNEZ-VOUS PAR LE VIN

Interview de Stéphane Collaro (Le Petit Rapporteur) il y a quarante ans.

JACQUES DUPONT : LE VIN ET MOI (1)

D’après l’interview de LAURENT GOTTI, journaliste dégustateur en Bourgogne 13.12.16.


Avec son livre Le Vin et Moi paru fin 2016, Jacques Dupont, le journaliste et chroniqueur spécialisé de l’hebdomadaire Le Point, livre dans le même esprit une suite à son précédent livre Choses Bues, paru en 2008 (*).

De son œil toujours aussi aiguisé voire satirique sur le monde du vin, il nous livre ses réflexions sur la dégustation, les vins naturels, la pratique du journalisme de vin, les nouveaux venus qui débarquent dans la vigne. 

Interview cash.
 

 

Vous écrivez : « la dégustation ne consiste pas à traquer le défaut mais à déterminer si le plaisir le dépasse. » Pensez-vous que la notion de plaisir est trop absente des dégustations professionnelles ?
Les grands auteurs ont célébré l’ivresse pendant 2 000 ans : il suffit de lire Horace, Virgile ou Baudelaire. Aujourd’hui, le politiquement correct ne nous en donne plus le droit. Car on a ramené hypocritement le plaisir de boire du vin au plaisir de la « dégustation. » Aujourd’hui on met beaucoup de mots sur du vide, le côté convivialité qu’apportait une légère ivresse, le partager à table, tel que le concevait Voltaire par exemple, on le gomme : il disait que quand il recevait d’Alembert, sans un peu d’ivresse il s’ennuyait…

Œnologie ou dégustation ?
Il existe une culture un peu bizarre du vin qui entretient la confusion entre l’œnologie et la dégustation. Les gens disent : « Je prends des cours d’œnologie ! » Non, ils ne prennent pas des cours d’œnologie, ils n’apprennent pas la biochimie. On a enveloppé le plaisir de boire du vin dans un discours pseudo-scientifique. Les œnologues sont des gens au service du vin et ils le font très bien, mais ce sont aussi des traqueurs de défauts. Comme ils sont présents dans les dégustations, les jurys des concours, etc., les consommateurs ont tendance à se ranger derrière  « l’homme de l’art  » et à se mettre à traquer le défaut à leur tour.

Je crois que le vin populaire a disparu de nos sociétés, on est dans le vin élitiste. Quand on dit que beaucoup de jeunes s’intéressent au vin, si on y regarde de près, il s’agit des jeunes de l’élite, des grandes écoles. Ils s’y intéressent parce que le grand-père avait une belle cave, dans une belle maison, etc.

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